méditation de la trahison

Cette méditation s'inscrit dans le contexte de la trahison au sein du couple. Elle peut néanmoins s'appliquer à plusieurs situations où la trahision a été vécue entre deux / plusieurs personnes. 

Un appel.

Des mains qui se posent.

Un regard qui s’échange.

Un amour qui se déclare.

Des yeux qui pleurent.

 

Devant moi, du venin gît.

Il vole comme une guêpe menaçante.

Il prend comme un flash inattendu et violent.

Il m’initie dans une impudique intimité qui n’est pas mienne.

Il m’arrache à la réalité que je refuse de voir.

 

Devant moi, un aveu révèle.

Je n’accepte pas cet acte que tu as réalisé contre moi.

Je ne comprends pas comment tu as pu agir de la sorte.

Je n’avale pas la couleur de cette barbarie sans considération.

Je refuse ton irrespect, ta déclaration de guerre, ta tromperie.

 

Devant moi, un aveuglement se libère.

Je perçois mon abandon et ma naïveté.

J’entrevois ma création et mon envie.

Je vois ma stupidité folle qui m’a fait marcher dans le noir.

 

Des oies crient, un cochon est saigné, un chien est massacré.

Brutalement, je lève mes mains.

Je fais tomber une hache d’énergie céleste

Et j’attrape ce nœud de perversité.

Je le tiens entre mes mains et je l’observe.

 

Ankusha, Ankusha, montre-moi la lumière de la situation.

J’ai été trahie.

Je suis trahie.

J’ai trahi.

Comment réparer ? Comment pardonner ? Comment purifier ?

 

Dénoue de tes mains,

Défait par ton rayon

Détruit par ta justice

Délie par la transmutation.

 

Trahison, je lève la trompe des mots

Je dératise les mauvaises herbes,

Je ronge ma rancœur jusqu’à ce qu’elle se polisse,

Je range ma défense et accède à la vérité,

Elle se tient devant moi, comme une guirlande de flammes brillantes, douces et apaisantes.

 

Rouges, elles symbolisent la passion romantique qui emporte dans le désespoir.

Enracinées, elles évacuent ce feu pour vivre d’une tendresse infinie.

Oranges, elles blasphèment la foi jalouse qui dénigre les prières.

Circulaires, elles vivifient l’eau pour écrire l’enfantement céleste.

Jaunes, elles tailladent l’âme refusée qui brûle d’une peine stridente.

Canalisées, elles explosent d’un amour pur, simple, vrai et véritable.

Vertes, elles immobilisent les sens raisonnables qui entachent la purification.

Guéries, elles apportent la paix d’une flamme qui irradie son soi et ses autres.

Bleues, elles crachent les mots mesquins qui traduisent la frustration.

Exprimées, elles délient l’écriture créative qui communique la beauté.

Indigo, elles libèrent l’inconscient programmé qui écoute le malin.

Ancrées, elles discernent le présent et la sagesse qui comprennent tout et en tout.

Violettes, elles ouvrent le canal des irrégularités qui défont la spiritualité pleine et entière.

Harmonieuses, elles sont l’expression pure de la conscience et d’un amour de vérité.

 

Face à ce mâlâ, l’alphabet de la raison reprend le dessus.

Mon cœur, ton cœur laissent la trahison là où elle n’a plus d’existence.

Mon âme, ton âme délaissent les mensonges là où les autres nous menacent.

Mon amour, ton amour dépassent les épreuves là où confiance, fidélité, vérité grandissent.

Une immense douceur envahit alors nos actes passés.

Ils sont les barrières de nos limites.

Ils sont les grilles où s’arrêtent l’obstruction de nos paroles.

Ils sont l’interruption de l’impureté en actes et actions, en pensées et en omissions,

En silence et en craintes, en absence et en présence.

 

Je goûte alors la saveur de ta salive.

Tu te délectes alors de l’eau de ma langue.

Dans un baiser de pardon, de compréhension et de friandise,

Nous dansons notre union renouvelée, purifiée, libérée.

Nous célébrons la levée des obstacles.

Nous asseyons notre amour d’un oui éternel.