méditation pour recevoir

Pour beaucoup, recevoir est difficile. Dans le non-mérite et le rejet de soi, recevoir devient douloureux et provoque un détachement émotionnel. Méditer pour apprendre à recevoir permet de replacer sa valeur et l'amour de soi.

Voir.

Je vois.

Il est là.

Il renvoie des mots.

Je reçois des mélanges.
Il y a de l’amour, il y a de la peur.

Je reçois la peur, j’ignore l’amour.

Cette peur, je la transforme en violence.

Elle ressemble à un vent puissant.

Un vent qui renverse, qui brise mes espoirs,

Un vent qui balaie mes pages, qui casse mon cœur.

 

J’entre en moi et je perçois mon âme.

Elle est serrée, compressée, réprimée.

Mon plexus solaire ne respire plus.

Un cercle de douleur entoure ma lumière.

L’égo a cerné mon amour.

Je ne respire plus.

 

Recevoir.

Ce matin, j’ai reçu un vent violent.

Il a salé ma peau, il a crevassé mon épiderme.

Encore, il a soufflé.

Mon enveloppe est devenue brûlante.

Je me suis enfermée dans une carapace de feu.

J’ai renvoyé des missiles.

J’ai émis des insultes.

Je n’ai pas reçu, je n’ai pas accueilli.

Je suis devenu le vent du refus.

 

Recevoir.

Ce soir, je regarde ma maison.
Elle est en cendres.

Mon vent égoïste a brillé d’indifférence, de distance, de suffisance.

Je balaie les écumes de l’air,

Elles pleurent avec mon âme.

A l’intérieur, c’est silence.

Tout le monde se tait.

Mes animaux, mes enfants intérieurs, mes guides.

Mes fleurs sont fanées, mon jardin est cramoisi.

J’ai reçu mon démon, j’ai accueilli son vent destructeur,

Et dans un souffle, j’ai fait mine d’oublier.

Je suis devenue aveugle à mon insolence,

Mon impatience, mon impuissance et ma toute puissante.

 

Voir.

Ce matin, j’ai vu mon reflet.

Je ressemble à un spectre sans souffle.

Il n’y a plus de vent, plus d’air,

Seul domine le vide.

Le désert a envahi mon âme

Et pourtant, dans cette quête,

Elle brille toujours avec chaleur.

Son vent d’espoir est toujours là, intact.

Je sens sa brise.

Elle caresse mes oreilles et me murmure que je suis parfaite.

 

Recevoir.

Je reçois de nouveaux messages, de nouvelles caresses,

De nouvelles bougies.

Le vent est là, lui aussi.

Il souffle au travers de la montagne.

Il murmure son pardon avant même que je lui demande.

Il remue la lumière d’un éclat doux sur mon corps.

Il remplit mes yeux d’étincelles.

Il sèche les larmes avant qu’elles ne tombent.

Il m’envole au-dessus de moi-même.

Je reçois son courage, sa renaissance, son amour.

Et aussitôt, il souffle, il souffle que,

Même dans le refus, j’ai été l’amour parfait.

 

Recevoir, mon enfant, me dit-il enfin,

Ce n’est pas questionner et te questionner,

C’est accepter.

Tu vois le vent, peut-il détruire tes espoirs ?

Peut-il brûler ta maison ?

Peut-il attiser ta souffrance ?

Oui. Le vent peut tout faire.

Il peut surtout, tourner et retourner.

 

Recevoir mon enfant,

C’est accepter que tu reçoives

La peine, la colère, l’envie, la jalousie, la convoitise, la rancœur,

Sans t’imaginer à chaque fois, qu’ils soufflent le vent de ta condamnation.

 

Tu es miroir et tout est ta création.

Tu reçois le mal et aussitôt tu penses que tu as envoyé le mal, n’est-ce pas ?

Mais pourquoi te juge-tu avec tant de sévérité ?

Quand tu reçois le mal, es-tu responsable du vent qui se lève ?

Es-tu responsable de sa colère ?

Non.

 

Le vent souffle pour t’inciter à retourner le souffle,

Le vent teste ta solidité, teste ta peau, teste tes yeux.

Vois avec son ondulation.

Entend avec sa musique.

Perçois dans sa matière.

Et alors, tu comprendras pourquoi que ce qui émerge sur toi,

Ce n’est qu’une impression d’un vent contraire.

Tu n’es pas une girouette,

Tu n’es pas un reflet des erreurs des autres,

Tu es celui qui tend le miroir d’eux-mêmes.

 

Aussi, deviens le vent.

Celui qui adoucit, celui qui réveille, celui qui attaque.

Tu as le droit de te lever contre l’injustice,

Tu as le droit de caresser la tendresse qui s’offre à toi.

 

Recevoir,

C’est voir ce que l’on te tend comme un miroir,

Avec la certitude d’être un roc solide et un bambou flexible,

Un oiseau élégant et un rampant terrien,

Un fruit acidulé et un légume aigre-doux,

Un carré sucré et une épice salée.

Recevoir, c’est accepter sa perfection en toutes choses

Même dans l’adversité, même dans l’amour.

 

Recevoir,

C’est avoir confiance dans sa réaction contre le mal,

C’est accepter, fructifier, mériter l’amour.

 

Recevoir,

C’est se dire, je suis le vent de l’amour,

Je suis le barrage au souffle qui enlève la vie,

Je suis la graine qui renait de la mort.

Je suis lumière, mon rayon est blanc,

Il irradie d’une multitude de couleurs

Qui repousse le vent des esprits malins,

Qui accueille le souffle de l’amour éternel.

 

Je suis désolé de ne pas toujours savoir recevoir.

Je te demande pardon de douter de ma réception.

Je te remercie de m’apprendre à recevoir en toutes choses et en toutes manifestations avec le vent de mon amour, porté par mon souffle du jugement juste, respirant les limites à l’intrusion des mauvaises intentions, expirant les peurs menaçant l’amour.

Recevoir, je t’aime.

Permet-moi encore,

Permet-moi encore une fois,

De recevoir ton amour,

Pour exprimer que je suis l’amour de recevoir.