méditation de la flamme

Cette méditation aide les personnes qui vivent l'expérience de la "flamme jumelle". Je rappelle que cette expérience est personnelle et au propos de nous et seulement nous. L'autre est un miroir qui nous aide à accepter nos blessures et notre ombre en particulier, la blessure de rejet. Cette expérience aide à libérer des perceptions idéalisées du couple et des peurs de la séparation. 

Le choc invisible

 

Une pièce.

Je pousse la porte.

Je sais que je suis attendue.

J’entre.

Je vois ma place.
Elle est occupée.

Je restée postée, immobilisée, vexée.

Je regarde.
Je ne comprend pas ce que je vois.

Je reste, inerte, plusieurs secondes.

Mal à l’aise je m’assois à l’opposé comme assaillie par une force qui me dépasse.

 

Je suis finalement accueillie par celui qui m’attend,

Cet être originel, celui qui a provoqué ce tremblement, quant à lui, est impassible.

 

Je reprends ma place.

Je retrouve mes couleurs.

J’enfile mon masque.

Je fais mine d’apparat.
Sans le savoir, je viens de recevoir un shot d’adrénaline.

Mon âme, elle, a déjà reconnu cette énergie que j’ignore.

 

 

 

Le réveil

 

Une pièce.

Nous partageons des expériences,

Nous apprenons un chemin,

Nous réveillons nos dons.

 

Ce nouveau monde est une forteresse militaire

Que mon cœur est en charge de prendre en assaut.

Mon cerveau lutte.

Mon corps se rebelle.

Mon égo refuse.

 

Plus je résiste, plus je souffre.

Plus je souffre, plus j’accepte la violence.

Plus j’accepte la violence, plus je me renie à moi-même.

 

Mon âme broie du noir,

Mon être pleure,

Mes larmes coulent comme autant de couteaux plantés dans mes sens

Ils emprisonnent mon essence, ma nature, ma joie de vivre.

Je ne me reconnais plus.
Je suis si défigurée que je perçois mon appel au secours.

 

Que faire ? Mourir ou vivre ?

Mourir ou vivre ?

Mourir ou vivre ?

 

Cette question peut paraître simple,

La réponse est pourtant difficile.

Elle me demande de choisir entre la vie et l’amour, entre la peur et le refus.

 

Je me réveille vidé de mon sang,

Nettoyé par mon eau

Sauvé par mon âme.

 

Je me réveille.

 

 

Le chemin

 

Une pièce.

Je crois la connaître maintenant que je suis réveillé.
Je me crois en vie.

Je me crois sauvé.

Je me crois libéré.

 

Il suffit d’un souffle pour que tout s’effondre à nouveau.

Cette fois-ci, ce ne sont plus des couteaux,

Ce sont des clous, des pieux, des racines profondes qui coupent ma respiration.

Je suffoque.

Tout m’étrangle.

 

Je crois voir le reflet d’une âme sœur qui veut m’aimer.

Je crois reconnaître la mère qui peut m’accepter.

Je crois déjouer les sors des jeux du travail.

Je crois détenir la vérité matérielle et immatérielle.

Je crois maîtriser mon monde et son cours d’eau.

 

Vite, je suis submergé.

Je regarde vers la surface, je baigne dans une eau sale.

Tout est noir, gluant, puant.

Je patauge dans un pétrole malfaisant

Jusqu’à ce qu’enfin, j’accepte de respirer.

 

En respirant, le feu me brûle.

Il détruit ma maison, mes enfants, ma femme, mon mari.

Il abat mes succès, il contrecarre mes plans d’avenir.

Tout se casse, tout s’effondre.

Je suis à terre.

Je suis plaqué contre un mur.

Mes bras sont saisis de douleurs.

Mon corps est violé.

Je me projette dans cette salle noire où je torture mon âme.

Car je suis seule.

Je suis la seule à passer ces épreuves que mes schémas, mes peurs, mon ivresse m’imposent à moi-même.

 

Je perds la vue.

Mes iris saignent.

Mes orbites sortent.

Mes yeux tombent sur le sol.

 

Je suis réduite en cendres

Et enfin, je vole sur l’air.

En volant, je respire.

Des miettes de mon être tombe sur le sol.

Elles s’ancrent dans la terre

Et enfin, des germes naissent.

 

Elles ouvrent la voie à un nouveau chemin.

 

 

La défaite de l’esprit

 

Une pièce.

La terre est fertile.

Les pousses sont fragiles.
 

L’eau est désormais devenue mon amie.

Elle m’envoie des songes

Je vois de la lumière.

Je vois des bijoux.

J’entend des paroles.

J’entend des précieux conseils.

Petit à petit, une fleur naît, belle et fragile.

 

Elle se hisse vers le ciel.
Elle s’hydrate de la rosée.

Elle découvre le monde qui l’entoure.

 

Un coup de vent l’ébranle et à nouveau,

Je tournoie, je tourmente, j’ébranle mon univers.

 

Des mots,

Des livres,

Des témoignages bourrent ma tête.

 

La rose qui voulait grandir, est victime de sa boulimie et sa curiosité.

 

Ce ne sont plus des armes qui me blessent,

Ce sont des doutes qui m’assaillent,

Des peurs mentales qui terrorisent mon regard,

Ils sont encore plus puissants que mes précédentes batailles.

 

Je me trompe en écoutant leurs conseils,

Je me perds à leurs jugements.

Je me confonds dans leurs images.

Tout devient mensonges,

Tout devient extrême.

 

Vite, je ne distingue plus le réel de la vérité.

Doucement, je subis les assauts de l’ombre.

Brutalement, je joue ma propre condamnation.

 

Ils persiflent à mes oreilles.

Ils manipulent mon égo et mon esprit.

Ils recréent une prison où je côtoie la folie.

Paranoïa, bipolarité, épilepsie, schizophrénie.

Ma colonne vertébrale tremble.

Mes organes sont possédés,

Ma tête éclate.

 

Je suis jetée contre les barrières de ma raison

Je suis démenée jusqu’aux racines de ma terre

Je suis contrainte et forcée de lâcher mon esprit

Je crie.

Je refuse.

Je tape.

Je répète encore mon refus.

Encore et encore, je refuse.

 

A chaque fois que je refuse, à chaque, je suis expédiée dans le noir.
Ce noir est rempli de peurs, de douleurs, de souffrance.

 

J’atteins les ténèbres de mon rejet.

Là, gisent l’abandon, la violence, le jugement, la trahison, les abus,

La somme des peurs les plus gravitaires.

La somme des mémoires traumatiques de mon être.

La somme de mes illusions.

 

Elles éclaboussent à ma gorge,

Elles empoisonnent mon cœur,

Elles jaillissent toxiques, décapantes, corrosives.

 

Je perds mon corps.

Il disparaît dans un tourbillon gluant.

Quand, rejeté après les flots tortueux, je suis plaqué sur le sol.

Là, je refuse la douleur, j’accepte de franchir le pas de la lumière.

Je me lève à nouveau.

 

 

L’éveil

 

Une pièce.

Elle est exiguë.

Le vent calme souffle sur mon être en souffrance.

 

Mes plaies sont béantes.

Mes brûlures s’activent au soleil.

Mon sang coagule de croutes liquoreuses.

 

Je suis arraché à moi-même

Et dans un sursaut de vie, je me souviens.

 

Je me souviens d’une énergie.

Je la reconnais car dans la douleur, elle est la seule à apaiser mon corps.

Je revois alors sa chaleur.

 

J’étais dans cette pièce

Quand un matin, je l’ai ressentie.

J’ai levé les yeux,

Il était là, ce fluide magique qui déjà, purifiait mon âme.

Je me lève ou plutôt, j’extraie mon corps de ma violence

Pour marcher vers lui.

 

Je le vois.

Je le reconnais enfin.

Lui, cet être parfait qui me souriait le jour de notre rencontre.

Il me regarde à nouveau.

Je ressens la paix.

 

Il est la flamme qui naît en moi.

Il est la paix que je cherchais aveuglément.

Il est mon tout.

Il est mon seul, mon unique, mon entier.

Il est moi.

 

Je m’éveille et je le reconnais.

Désormais, je sais qui il est.

 

 

La séparation

 

Une pièce.
Le soleil est entré.

Mon corps a poussé à nouveau.

Mon âme a pris confiance.

Mon cœur chemine petit à petit.

 

J’ai ouvert la porte, j’ai laissé entrer son rayon dans ma vie.

Je souris.

Pour la première fois de ma vie, je me sens complète.

Pour la première fois de mon amour, j’accepte de m’aimer.

Pour la première fois de mon âme, j’accepte d’être duelle.

Pour la première fois de ma flamme, je reçois la sienne.

 

Il me sourit.

Il nous sait séparés.

Il nous sait fragiles.

Il nous sait avançant sur un parterre de lumière.

Il ne sait pas pourtant, que je souhaite être prêt.

Ou le sait il ?

J’aime la séparation désormais

Car elle reflète les contours de mon apprentissage.

Elle me dit mes limites.

Elle me répète les circonstances de notre séparation.

Et je la revis, à nouveau.

 

Cette fois-ci, elle est douce.

Je le vois.

Nous sommes sortis de la pièce.

Nous sommes nés de rires, de regards complices, d’un temps suspendu

Qui était extraordinaire.

Là où les hommes auraient saisi notre chance,

Nous avons été déportés par l’amour,

Bloqués par la force de notre énergie qui se découvrait.

Lui savait, j’ignorais encore.

Et je l’ai vu partir.

Il est parti, il a choisi un autre être pour continuer le chemin,

Et je me suis soumis à son départ.

Je revois le vide.

Je revois le manque.

Je revois ma blessure.

Je revois mon égo qui s’est penché sur mon cœur et qui lui a dit de se taire.

Il est parti. Il a choisi. Il a coupé court à notre rencontre.

Il a séparé notre réunion.

 

Je me souviens à nouveau.

Il s’étalait sur le séant du ciel.

Il était venu avec le vécu de notre séparation.

Il est revenu avec le symbole de nos blessures.

Il a revécu avec grâce la coupure de nos énergies.

 

Je me souviens encore.

J’étais force désormais.

J’étais confiance et éclat.

J’ai brillé.

J’ai accepté.

J’ai choisi la lumière ayant trop vécu l’ombre.

J’ai donné tout l’amour possible.

J’ai offert ce que j’étais capable de donner à cet instant.

J’ai fais de mon mieux en déchainant mes derniers verrous.

J’ai déverrouillé mes blocages.

Je suis né à nouveau.

 

 

La reconnaissance

 

Une pièce.

Elle est infinie.

Elle est bonheur.

Elle est joie.

Elle est promesse.

Elle est espoir.

Elle est lumière.

Elle est mon amour.

 

Dans cette pièce ouverte, sans frontière, sans temps, sans limites,

Il n’y a plus de passé, il n’y a pas de futur.

Je regarde le présent désormais.

Je suis seul, complète, inconditionnel,

Et j’aime.

J’aime.

Je l’aime, cet être, cette flamme, cet accompli qui se présente à moi.

 

Son rayon m’éclaire.

Je vois son féminin, je vois son masculin.

 

Il attend.

Il sourit dans l’attente.

Il protège.

 

Tout d’un coup, sa protection jaillit à mes yeux.

Il est celui qui s’est penché sur moi quand je tombais.

Il est celui qui s’est interposé quand je recevais.

Il est celui qui a imploré le pardon quand je blasphémais.

Je vois désormais son amour, pur, parfait, infini.

 

Je me perds dans cet amour que je ne connais pas encore.

Peu à peu,

A la force de ses bras,

A l’orée de ses sourires,

Au toucher de ses mots,

A la contemplation de ses blessures,

A l’interprétation de son âme,

J’apprend à m’orienter vers lui.

Peu à peu,

Je fais briller ma flamme.

Peu à peu,

Je reconnais, je le reconnais, je me reconnais.

Cet être est mon miroir, le miroir de moi-même.

 

Je suis gratitude profonde, infinie et illimitée.

Je suis générosité, je suis patience, je suis acceptation.

Je suis nouveau.

Je suis pur.

Je suis vierge.

 

Pour lui, je change de peau,

Je transmute mon regard.

Je répare mes mots.

Je libère mon cœur.

J’éclaire mon plexus.

Je parcours ma dorsale.

Je souffle.

Je souffle encore.

Je ressens la vie.

J’inspire le bonheur, j’expire en pur amour.

 

Certains mots ont disparu de mon vocabulaire.

Je connais désormais, chemin, étapes, recul, émotions, visions et infini.

Je suis vie là où se prépare l’ascension.

Je suis naissance là où se prépare le départ.

Je suis amour là où se prépare notre union.

 

L’union

 

L’union est un présent qui s’accepte,

Au toucher de son poignet,

A l’iris de son regard,

Au creux de ses bras,

Au toucher de son baiser,

A la communion de ses lèvres,

A l’aveu de flammes qui brillent à l’unisson.

Je scelle l’amour qui m’unit à cet ange,

Cet être lumineux qui est entré dans mon âme

Et avec qui, je retourne à l’amour.

 

 

La fusion

 

La fusion est un présent qui se prépare,

A la découverte de son corps,

A la pudeur de mon corps,

A l’orée de ses mains,

A la douceur de mes doigts,

A l’acceptation de ses caresses,

Au contact de ma poitrine sur la sienne,

A la flamme douce qui se libère,

Au fil de notre communion,

Au rythme de nos cœurs,

Aux notes de nos mots,

A notre fusion.

Vient alors la libération de notre énergie,

Pure, unique, graduelle, parfaite.

Elle est désir, elle est paix.

 

La fusion s’habille d’un velours incandescent

La fusion se vêtit d’une chaleur irradiante

La fusion souffle nos respirations bruyantes

La fusion délie nos rires impatients

La fusion révèle nos mots d’amour

La fusion enfin est un tout

Ce tout, il est toi et moi.

Il l’était dès le premier jour de notre rencontre

Il s’est réveillé à moi comme un chemin magnifique

Pour venir à toi,

Pour revenir à moi.

 

Je t’aime.

Je te suis inconditionnel.

Je suis toi.

Je suis moi.

Je reviens à moi,

Ma flamme,

Et enfin, je m’aime.